Extrait :
Sa bouche se plaqua sur la mienne, et je fus incapable de lui résister. Pas parce qu'il était mille fois plus fort que moi, mais parce que ma volonté fut réduite en poussière à la seconde où nos lèvres s'effleurèrent. Ce baiser ne fut pas aussi prudent que ceux dont j'avais gardé le souvenir, ce qui me convenait parfaitement. Si je devais me déchirer encore plus, autant retirer un maximun de l'affaire. Bref, je lui rendis son baiser, mon coeur battant une chamade désordonnée cependant que ma respiration devenait halètement et que mes doigts palpaient avidement son visage. Son corps marmoréen épousait chaque courbe du mien, et j'étais heureuse qu'il ne m'eût pas écoutée. Aucune souffrance au monde n'aurait justifié de louper ca. Ses mains mémorisaient mes traits, comme les miennes jouaient sur les siens et, pendant les rares secondes où ses lèvres se détachaient des miennes, il murmurait mon prénom.
Lorsque je commençai à avoir le vertige, il s'écarta, mais pour mieux coller son oreille contre mon coeur. Je restai allongée, hébétée, attendant de retrouver ma réspiration.
- A propos, dit-il avec décontration, je n'ai pas l'intention de te quitter, je ne partirai nulle part, sans toi ! Je m'en suis allé uniquement parce que je voulais que tu aies la chance de vivre une existence normale et humaine. L'effet que j'avais sur toi était catastrophique - je te mettais en danger, je t'arrachais au monde qui est le tien, je risquais ta vie à chaque instant. Cela devait cesser, et le seul moyen était que je te délaisse. Si je n'avais pas pensé que tu serais mieux sans moi, je ne me serais jamais éloigné. Je suis bien trop égoïste. Toi seule pouvais être plus importante que mes désirs... mes besoins. Or, je désire et j'ai besoin d'être avec toi ! Je sais que je n'aurai plus la force de repartir. J'ai trop d'excuses pour rester. Dieu Merci ! Apparemment, tu n'es pas fichue de rester en sécurité, que je sois près ou loin de toi.
- Pas de promesse, s'il te plaît...
Si je cédais à l'espoir, et que rien ne venait, j'en mourrais. Là où ces vampires impitoyables n'avaient pas réussi à m'achever, l'espoir triompherait à la tâche. Je m'efforçais de partir de l'hypothèse qu'il m'aimait tout en restant cliniquement objective pour éviter de tomber dans le piège de l'espérance.